Manifestation contre l’état d’urgence samedi 30 janvier 2016 à Paris [Demonstration against the emergency state Saturday, January 30th, 2016 in Paris]

État d'urgence, déchéance, c'est NON [Emergency state, forfeiture, it's NO]
Français English
J’ai participé à la manifestation contre l’état d’urgence samedi 30 janvier 2016 à Paris. Des syndicats de travailleurs (CGT, SUD, CNT, …), un syndicat étudiant (SUD étudiant), plusieurs organisations politiques (PCF, PG, NPA, Fédération Anarchiste, AL, PCOF, POID, …) et quelques autres organisations (Amis de la Terre, Amnesty International, ligue des droits de l’homme, quadrature du net, égalité, collectif « stop à l’état d’urgence », collectif « nous ne céderons pas », …) étaient présents. I participated in the demonstration against the emergency state Saturday, January 30th, 2016 in Paris. Several trade unions (CGT, SUD, CNT, …), a student union (SUD student), several political organizations (PCF, PG, NPA, Anarchist Federation, AL, PCOF, POID, …) and several other organizations (Friends of the Earth, Amnesty International, human rights league, squaring of the net, equality, group « stop the emergency state », group « we won’t give up », …) were present.
Les principales revendications sont les suivantes :

  • Levée immédiate de l’état d’urgence et de l’état d’exception permanent
  • Abandon de la constitutionnalisation de l’état d’urgence et de la déchéance de nationalité
  • Arrêt de la répression et de la stigmatisation des manifestants et militants des mouvements sociaux, des migrants, des musulmans ou supposés l’être, des quartiers populaires
  • Respect de la liberté de manifester, de se réunir et de s’exprimer

The main demands are these furthers:

  • Immediate removal of the emergency state and of the permanent exception state
  • Abandonment of the constitutionnalization of the emergency state and of the forfeiture of nationality
  • Stop of the repression and the stigmatization of the protesters and the activists of the social movements, the migrants, the Muslims or supposed to be, the popular districts
  • Respect for the freedom to demonstrate, to assemble and to express oneself

Le gouvernement essaie d’utiliser la peur de nouveaux attentats pour nous faire accepter d’importants reculs dans notre droit à la vie privée et nos libertés, notamment la liberté de réunion, la liberté d’expression et la liberté de circulation. Cela est une bien étrange manière de se distinguer de l’organisation « état islamique », organisation prétendument religieuse qui souhaite exercer un pouvoir politique autoritaire sur la société civile, comme l’état d’urgence nous éloigne de la démocratie et nous rapproche d’un régime autoritaire. Les attentats de novembre 2015 ont été une aubaine pour lui, ils lui servent à faire accepter des mesures qui ne passeraient pas inaperçues en temps normal et il frappe large. Alors que les restrictions excessives et disproportionnées sur les libertés fondamentales sont sensées cibler les « terroristes », plusieurs militants écologistes ont été assignés à résidence pendant la COP 21 bien qu’ils ne représentaient absolument pas une menace pour l’ordre publique contrairement à ce qu’a prétendu le premier ministre Manuel Valls. Il ne s’agit absolument pas de légitimer les massacres d’innocents mais ces dérives autoritaires montrent qu’aux yeux du gouvernement, les terroristes ne sont pas seulement les auteurs de ces massacres et ceux qui souhaitent en commettre, ce sont aussi les personnes s’opposant à sa politique sans volonté de donner la mort, les militants politiques, syndicaux et associatifs. L’interdiction de la majorité des manifestations politiques au nom de la sécurité est un moyen efficace de museler toute contestation de sa politique. La prolongation et la constitutionnalisation de l’état d’urgence me font craindre que ses mesures d’exception deviennent permanentes et se substituent au droit commun alors qu’elles affaiblissent des garde-fous essentiels dans un régime démocratique (la séparation des pouvoirs, la présomption d’innocence, …) sans montrer leur efficacité contre le terrorisme. Ainsi, plus de 2700 perquisitions administratives à toute heure effectuées depuis le 13 novembre 2015 n’ont mené qu’à l’ouverture de cinq enquêtes pour des faits liés au terrorisme. L’état d’urgence s’avère même complètement contre-productif dans la lutte contre le terrorisme puisque les violentes exactions des policiers commises pendant les perquisitions (un homme handicapé à 80% a eu 4 dents cassées, une fillette a été blessée, …) et les assignations à résidence sans fondement ne font qu’augmenter le ressentiment à l’égard des forces de police et la défiance vis-à-vis de l’État. La boucle est bouclée, le capitalisme améliore sa fabrication de monstres, il affaiblit la démocratie, il entretient la peur, il sème la haine, il stigmatise certaines catégories de la population, il massacre des civils (environ 150 Syriens meurent chaque jour depuis plus d’un an et demi), il sème les graines du terrorisme partout et la récolte (les attentats) lui permet de justifier de nouveaux affaiblissements de la démocratie. La surveillance toujours plus accrue des citoyens couplée à la criminalisation des mobilisations sociales illustre la dérive policière d’un gouvernement qui ne marque aucune pause dans sa politique austéritaire et qui tolère de moins en moins la contestation. Peut-on encore parler de démocratie quand un régime réprime l’opposition politique organisée et les contre-pouvoirs? Même l’ONU s’en inquiète. The government is trying to use the fear of new attacks to make us accept some significant setbacks in our right to privacy and our freedoms, including the freedom of assembly, the freedom of expression and the freedom of movement. This is a strange way to distinguish itself from the organization « Islamic State », purportedly religious organization wishing to exercise an authoritarian political power over the civil society, as the state of emergency moves us away from democracy and brings us closer to an authoritarian regime. The attacks in November 2015 was a boon for it, they’ve used it to make us accept some measures that would go unnoticed in normal times and it strikes widely. Whereas the excessive and disproportionate restrictions on the fundamental freedoms are supposed to target the « terrorists », many environmental activists were placed under house arrest during the COP 21, though they by no means constituted a threat to public order contrary to what claimed the Prime Minister Manuel Valls. I absolutely don’t legitimize the massacres of innocent people but these authoritarian tendencies show that in the view of the government, the terrorists aren’t only the perpetrators of these massacres and those who wish to commit some more, they are also the people opposing to its policies without will to kill, the political, union and association activists. The ban of most political demonstrations in the name of security is an effective way to silence any challenge to its policies. The extension and entrenchment of the state of emergency make me fear that its emergency measures become permanent and supersede the common law whereas they undermine the essential safeguards in a democracy (separation of powers, presumption of innocence, …) without showing their effectiveness against terrorism. Thus, over 2700 administrative house searches performed at any time since November 13th, 2015 have led to the opening of only five investigations for some offenses related to terrorism. The state of emergency seems to be even completely counterproductive in the fight against terrorism since the violent abuses of the policemen committed during the house searches (a man disabled at 80% had 4 broken teeth, a young girl was injured, …) and unfounded house arrest only increase the resentment of the police and vis-à-vis the State distrust. The loop is closed, capitalism improves its manufacturing monsters, it weakens democracy, it maintains fear, it sows hatred, it stigmatizes certain categories of the population, massacre of civilians (about 150 Syrians die every day for more than a year and a half), it sows the seeds of terrorism everywhere and the harvest (the attacks) allows him to justify further weakening of democracy. The ever increasing surveillance of citizens coupled with the criminalization of social protests shows police derives from a government that does not break his mark in austéritaire policy that tolerates less dissent. Can we still talk about democracy when a regime represses organized political opposition and against-powers? Even the UN is worried about this.
Les auteurs des attentats de novembre 2015 n’avaient rien à perdre, ils voulaient mourir en martyrs, il est vain de vouloir les effrayer et je doute fort qu’ils soient vraiment les cibles du tour de vis sécuritaire en cours. Je pense qu’il n’y aurait pas d’attentats dans une société dans laquelle tout le monde aurait quelque chose à perdre en se tuant de la sorte. Y aurait-il encore des candidats aux attentats suicides si tout le monde mangeait à sa faim et avait un logement? L’urgence n’est-elle pas ailleurs? L’état urgence masque des tas d’urgences. The authors of the November 2015 attacks had nothing to lose, they wanted to die as martyrs, it is futile to try to scare them and I doubt that they are really the target of the excessive security downward spiral in progress. I think that there would be no attacks in a society in which everyone would have something to lose by killing so. Would there still be any candidates as suicide bombers if everyone had enough to eat and had a housing? Isn’t the emergency elsewhere? The emergency state hides lots of emergencies.
Ma France des libertés, où es-tu? [My France of the freedoms, where are you?]
« Ma France des libertés, où es-tu? » « My France of the freedoms, where are you? »
Non à l'état d'urgence, non à la déchéance de nationalité, collectif montreuillois [No to the emergency state, no to the forfeiture of nationality, group of Montreuil]
« Non à l'état d'urgence, non à la déchéance de nationalité », collectif montreuillois « No to the emergency state, no to the forfeiture of nationality », group of Montreuil
Ni déchéance ni état d'urgence, nous ne céderons pas [Neither forfeiture nor state emergency, we won't give up]
« Ni déchéance ni état d'urgence, nous ne céderons pas » « Neither forfeiture nor state emergency, we won't give up »
État d'urgence, leurs rêves sont nos cauchemars, Fédération Anarchiste [Emergency state, their dreams are our nightmares, Anarchist Federation]
« État d'urgence, leurs rêves sont nos cauchemars », Fédération Anarchiste « Emergency state, their dreams are our nightmares », Anarchist Federation
Révision de la constitution, état d'urgence permanent, déchéance de nationalité, pour nous c'est définitivement non, PCF [Revision of the Constitution, permanent emergency state, forfeiture of nationality, for us it's definitively no, PCF]
« Révision de la constitution, état d'urgence permanent, déchéance de nationalité, pour nous c'est définitivement non », PCF « Revision of the Constitution, permanent emergency state, forfeiture of nationality, for us it's definitively no », PCF
Pour l'émancipation et le progrès social, organisation de femmes Égalité [For emancipation and social progress, organization of women Equality]
« Pour l'émancipation et le progrès social », organisation de femmes Égalité « For emancipation and social progress », organization of women Equality
Liberté de circulation et d'installation pour tous, coordination des sans papiers de Paris [Freedom of movement and of move for all, coordination of the undocumented immigrants in Paris]
« Liberté de circulation et d'installation pour tous », coordination des sans papiers de Paris « Freedom of movement and of move for all », coordination of the undocumented immigrants in Paris
État raciste et sécuritaire, la seule urgence, résister [Racist and safety state, the only emergency, resist]
« État raciste et sécuritaire, la seule urgence, résister » « Racist and safety state, the only emergency, resist »
Boycott Israël Apartheid, BDS [Boycott Israel Apartheid, BDS]
« Boycott Israël Apartheid », BDS « Boycott Israel Apartheid », BDS
Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes, CNT [No war between the people, no peace between the classes, CNT]
« Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes », CNT « No war between the people, no peace between the classes », CNT
Contre le racisme et l'antisémitisme [Against racism and anti-Semitism]
« Contre le racisme et l'antisémitisme » « Against racism and anti-Semitism »
Non à l'état d'urgence, non à la déchéance de nationalité, CGT Paris [No to the state emergency, no to the forfeiture of nationality, CGT Paris]
« Non à l'état d'urgence, non à la déchéance de nationalité », CGT Paris « No to the state emergency, no to the forfeiture of nationality », CGT Paris
On bosse ici et ensemble, on fait le même travail, on veut les mêmes droits, CGT 78 [We work here and together, we do the same job, we want the same rights, CGT 78]
« On bosse ici et ensemble, on fait le même travail, on veut les mêmes droits », CGT 78 « We work here and together, we do the same job, we want the same rights », CGT 78
PCOF [PCOF]
PCOF PCOF
Liberté, égalité, fraternité, ni déchéance, ni état d'urgence, parti de gauche [Freedom, equality, fraternity, neither forfeiture, nor emergency state, left-wing party]
« Liberté, égalité, fraternité, ni déchéance, ni état d'urgence », parti de gauche « Freedom, equality, fraternity, neither forfeiture, nor emergency state », left-wing party
Sortir de l'état d'urgence [Leave the emergency state]
« Sortir de l'état d'urgence » « Leave the emergency state »
La quadrature du net, internet et libertés [The squaring of the net, internet and freedoms]
La quadrature du net, « internet et libertés » The squaring of the net, « internet and freedoms »
Non aux expulsions à Notre Dame des Landes [No to the evictions at Notre Dame des Landes]
« Non aux expulsions à Notre Dame des Landes » « No to the evictions at Notre Dame des Landes »
Défendons la ZAD, attaquons l’État [Let's defend the ZAD, let's attack the State]
« Défendons la ZAD, attaquons l’État » « Let's defend the ZAD, let's attack the State »
Étudiants mobilisés contre l'état policier [Students mobilized against the police state]
« Étudiants mobilisés contre l'état policier » « Students mobilized against the police state »
Nous sommes tous des Good Year, levée immédiate de l'état d'urgence, SUD étudiant Nanterre [We are all some Good Year, immediate removal of the emergency state, SUD student Nanterre]
« Nous sommes tous des Good Year, levée immédiate de l'état d'urgence », SUD étudiant Nanterre « We are all some Good Year, immediate removal of the emergency state », SUD student Nanterre
Europalestine [Europalestine]
Europalestine Europalestine
Photo20160130_153952
Crimes policiers = crimes racistes, urgence, la police assassine [Police crimes = racist crimes, emergency, the police kills]
« Crimes policiers = crimes racistes, urgence, la police assassine » « Police crimes = racist crimes, emergency, the police kills »
Nouveau parti anticapitaliste [New Anticapitalist Party]
Nouveau parti anticapitaliste New Anticapitalist Party
Jeunesse sans papiers, jeunesse volée, la loi doit changer, RESF [Youth without papers, stolen youth, the law must change, RESF]
« Jeunesse sans papiers, jeunesse volée, la loi doit changer », RESF « Youth without papers, stolen youth, the law must change », RESF
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Auteur : Julien Gouesse Author: Julien Gouesse

A propos gouessej

Ingénieur en informatique, militant politique d'extrême-gauche, développeur de logiciels libres multi-plateformes. Engineer in computer science, far left-wing political activist, developer of free open source cross-platform softwares.
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