Manifestation contre le projet de loi relatif au renseignement lundi 4 mai 2015 à Paris [Demonstration against the bill on intelligence Monday, May 4th, 2015 in Paris]

Nous voulons être entendus, pas écoutés [We want to be heard, not wiretapped]
Français English
J’ai participé à la manifestation contre le projet de loi relatif au renseignement lundi 4 mai 2015 à Paris. Des syndicats de travailleurs étaient présents (CGT, FSU, SUD) ainsi que le principal syndicat étudiant (UNEF), plusieurs partis politiques (PCF, PG, Europe Écologie Les Verts, NPA, PCOF, Ensemble, …) et d’autres organisations (ni pigeons ni espions, Ligue des droits de l’Homme, La Quadrature du Net, Amnesty International, le syndicat de la magistrature, Attac, Droit au logement, les amis de la Terre, APRIL, …). I participated to the demonstration against the bill on intelligence Monday, May 4th, 2015 in Paris. Some trade unions were present (CGT, FSU, SUD), the main student union (UNEF), several political parties (PCF, PG, Europe Ecology The Greens, NPA, PCOF, Together, etc…) and some other organizations (neither suckers nor spies, Human Rights League, Squaring of the Net, Amnesty International, the union of the magistracy, Attac, Right in the housing, the friends of the Earth, APRIL, …).
De nombreux intervenants ont pris la parole. L’allusion à la croissance faite par l’intervenant de « ni pigeons ni espions » a été mal reçue par les participants soucieux de l’écologie et la proposition à signer une pétition en faveur de Gaëtan sur Facebook a mis mal à l’aise certains d’entre nous. Many contributors spoke. The allusion to growth made by the contributor of « neither suckers nor spies » wasn’t well received by the participants concerned the ecology and the proposal to sign a petition in favor of Gaëtan on Facebook put ill at ease some of us.
Ce projet de loi est un exemple de dérive du solutionnisme technologique, c’est-à-dire qu’il prétend résoudre un problème très complexe par la technique, dans ce cas précis par le recours à des algorithmes implémentées dans des boites noires. Dans la même veine que les DRM et le blocage de DNS par listes noires, les personnes malhonnêtes voulant contourner les dispositifs y arriveront sans peine et ce seront surtout les personnes n’ayant rien à se reprocher qui seront pénalisées. Cette loi sera donc à la fois inefficace et contre-productive car elle nuira à la santé du réseau et elle encouragera toutes les organisations ne souhaitant pas supporter les coûts des dispositifs techniques et les conséquences en terme de réduction du droit au respect de la vie privée à fuir la France ou à cesser leurs activités, pas seulement les entreprises privées (hébergeurs, éditeurs de logiciels, entreprises de services du numérique, …) mais aussi les fournisseurs d’accès Internet associatifs comme Franciliens.net. Les partisans de ce projet de loi la présentent comme une loi antiterroriste alors qu’elle va bien plus loin, elle comporte une nouvelle catégorie intitulée « prévention des violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique ». Par ces termes vagues, cette loi permettra de surveiller encore plus les militants associatifs, syndicaux et politiques, les grévistes, les manifestants, … et leurs proches. Ce ne sera pas une loi d’exception, ce sera une loi aux contours flous qui fera d’une exception la règle. Le gouvernement met en place un mécanisme d’auto-défense d’un système qui tolère de moins en moins les contestations comme le prouvent la condamnation de Gaëtan pour avoir manifesté et celle de Yann Le Merrer révoqué de la fonction publique pour faits de grève. La guerre sociale aura un coût, cette loi absorbera des fonds qui auraient pu être consacrés aux budgets sociaux, la santé, l’éducation, le logement, la recherche, … Ce gadget de contrôle politique de la société ne s’attaque pas aux terroristes, il s’attaque à celles et ceux qui sont en désaccord avec la politique du gouvernement, il cherche à masquer les conséquences des problèmes sociaux au lieu d’en traiter les causes, c’est comme si je cassais le thermomètre pour ne pas voir la température. La surveillance permanente des internautes changera leur comportement, les museler n’arrangera rien, elle les poussera vers d’autres formes d’expression, pas nécessairement les plus pacifistes. C’est aussi le principe de présomption d’innocence qu’elle remet en question puisque toutes nos méta-données seront exploitées, nous serons tous considérés comme des terroristes potentiels. Que se passera-t-il si ces méta-données arrivent en de mauvaises mains? Nous ne le saurons peut-être même pas quand on nous refusera un crédit, une assurance ou un poste de travail. This bill is an example of technological solutionism drifting, that is to say it claims to solve a very complex problem by the technology, in this case by the use of some algorithms implemented in some black boxes. In the same vein that the DRMs and the DNS blocking with blacklists, dishonest people willing to bypass the apparatus will succeed easily and these will be people who have done nothing wrong who will be mainly penalized. Therefore, this law will be both ineffective and counterproductive because it will affect the health of the network and it will encourage all organizations not wishing to bear the costs of the technical apparatus and the consequences in terms of reducing the right to respect for privacy to flee France or cease their activities, not only the private corporations (hosters, software publishers, information technology consulting, …) but also the associative Internet service providers like Franciliens.net. The supporters of the bill shows it as an antiterrorism law whereas it goes much further, it includes a new category entitled « Prevention of collective violence likely to cause serious harm to the public peace ». Thanks to these vague terms, this law will allow to monitor much more the associative, union and political activists, strikers, protesters, … and their relatives. It won’t be an exceptional law, it will be a law with blurred outlines that will make an exception the rule. The government is establishing a self-defense mechanism of a system that tolerates less and less the challenges as evidenced by the condemnation of Gaëtan for protesting and the one of Yann Le Merrer dismissed from the public service for strike action. The social war will have a cost, this law will absorb the funds that could have been spent on social spending, health, education, housing, research, … This gadget of political control of the society doesn’t deal with the terrorists, it attacks those who disagree with the government policy, it seeks to hide the consequences of the social problems rather than treat its causes, it is as if I broke the thermometer not to see the temperature. The permanent control of Internet users will modify their behavior, muzzle them won’t help anything, it will push them to other forms of expression, not necessarily the most pacifist ones. This is also the principle of the presumption of innocence that it calls into question because all our meta-data will be used, we will all be considered as potential terrorists. What will happen if these meta-data arrive into the wrong hands? We won’t perhaps even know when we’ll be refused a credit, an insurance or a job.
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Etre sur écoute, ça nous coûte [Being wiretapped has a cost for us]
« Etre sur écoute, ça nous coûte » « Being wiretapped has a cost for us »
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Olivier Besancenot [Olivier Besancenot]
Ce qui est lu, vu et su à notre insu salit ce qu'on vit [What is read, seen, known unbeknownst to us sullies what we live]
« Ce qui est lu, vu et su à notre insu salit ce qu'on vit » « What is read, seen, known unbeknownst to us sullies what we live »
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Auteur : Julien Gouesse Author: Julien Gouesse

A propos gouessej

Ingénieur en informatique, militant politique d'extrême-gauche, développeur de logiciels libres multi-plateformes. Engineer in computer science, far left-wing political activist, developer of free open source cross-platform softwares.
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