Manifestation contre les violences policières samedi 14 février 2015 à Montreuil [Demonstration against police violence Saturday, February 14th, 2015 in Montreuil]

Gardiens de la paix, mon oeil [Peacekeepers, pull the other one]
Français English
J’ai participé à la manifestation contre les violences policières samedi 14 février 2015 à Montreuil. Nous étions entre 100 et 200 personnes dont moins d’une dizaine de militants et de sympathisants du nouveau parti anticapitaliste, des membres de la voix des Rroms, du collectif 8 juillet et d’autres collectifs contre les violences policières ainsi que des proches de victimes au départ à 14h30 devant le lycée public Jean Jaurès. C’était devant ce même établissement que Geoffrey avait reçu un tir de Flash-Ball dans l’œil jeudi 14 octobre 2010 pendant la mobilisation contre la réforme des retraites. Quelques semaines avant mon emménagement dans une commune voisine, mercredi 8 juillet 2009, Joachim Gatti et 5 autres personnes avaient été touchés par des tirs de Flash-Ball sur la place du marché. Environ 40 personnes ont été blessés ces 15 dernières années (dont près de 30 entre 2004 et 2013 selon Mediapart) avec ce type d’arme dite « à létalité réduite », seul un policier a été condamné. Je tiens à dénoncer une fois de plus les mensonges des médias capitalistes, notamment BFMTV et ITélé qui parlaient à l’époque de « blessures légères » au sujet de Geoffrey et l’AFP qui avait présenté Joachim comme un squatteur pour légitimer la répression policière, comme si cela pouvait suffire à justifier le recours à la force alors qu’il ne représentait une menace pour personne. I participated to the demonstration against police violence Saturday, February 14th, 2015 in Montreuil. We were between 100 and 200 people including less than ten activists and sympathisers of the new anticapitalist party, some members of the voice of the Romani people, of the collective July 8th and of some other collectives against police violence as well as some relatives of some victims starting at 14:30 in front of the public high school Jean Jaurès. It was in front of this same building that Geoffrey had received a shot of Flash-Ball in the eye Thursday, October 14th, 2010 during the mobilization against the pension reform. A few weeks before my move to a neighboring town, Wednesday, July 8th, 2009, Joachim Gatti and 5 other people had been wounded by some Flash-Ball shots on the marketplace. About 40 people have been injured in the last 15 years (nearly 30 between 2004 and 2013, according to Mediapart) with this type of weapon known as « with reduced lethality », only one police officer was sentenced. I want to denounce once again the lies of the capitalist media, including BFMTV and ITélé who spoke about some « minor injuries » concerning Geoffrey in those days and the AFP who had presented Joachim as a squatter to legitimize police repression, as if that would be enough to justify the use of force whereas he was a threat for nobody.
Tout s’est déroulé dans le calme mais le préfet a jugé bon d’interdire notre manifestation dont le parcours était connu de la mairie depuis des semaines et de nous envoyer environ 24 camions de police (un groupe de 6 par rue à bloquer). Nous sommes restés coincés près du comité des œuvres sociales de Montreuil à partir de 15h à 19h30 après être sortis de la rue Pierre Pépin à quelques centaines de mètres du lycée. Plusieurs personnes ont pris la parole dont le père de Geoffrey, son oncle, Raymond Gurême (ancien prisonnier d’un camp d’internement de familles « nomades » pendant la seconde guerre mondiale), … Les policiers ont pris comme prétexte un différend entre deux personnes pour tenter de nous charger une première fois vers 16h. Ensuite, les manifestants sont partis au compte-gouttes, rares sont ceux qui ont pu s’en sortir sans se faire fouiller. Plusieurs agents relevaient les noms et prenaient des photos des cartes d’identité. Le goûter prévu initialement à la Croix de Chavaux a été pris devant les gardes mobiles (dont certains se moquaient de nous) sur le boulevard, c’était un peu notre pied de nez. Je suis parti vers 18h10 comme il avait été décidé collectivement de se rendre, nous n’étions plus qu’à peine une quarantaine. L’agent qui m’a fouillé n’a pas cherché à en rajouter, c’était déjà bien assez dégradant comme ça. Une fleuriste m’a signalé que ce blocage lui a causé du tort, ce que je puis comprendre, mais quand elle m’a dit « il faut respecter les lois de la République », j’ai pris soin de lui rappeler que pas mal de commissariats refusent très souvent des dépôts de plainte et de mains courantes (ils prétextent une panne d’imprimante pour ne laisser aucune trace et les effacent de leurs systèmes informatiques) quitte à violer l’article 15-3 de la procédure pénale et surtout que les policiers qui ont mutilé des manifestants avec des Flash-Balls n’ont fort probablement pas respecté les consignes de sécurité (viser en dessous des épaules et à plus de 7 mètres de distance). Everything went peacefully but the prefect saw fit to prohibit our demonstration whose course was known by the city council for weeks and to send about 24 police trucks (a group of 6 per street to block). We got stuck near the committee of Public Works in Montreuil from 15:00 to 19:30 after leaving the Pierre Pepin street a few hundred meters from the school. Several people spoke including Geoffrey’s father, his uncle, Raymond Gurême (former prisoner of an internment camp for « nomadic » families during the second world war), … The police took a dispute between two people as a pretext to try to charge at us for the first time at about 16:00. Then the demonstrators left little by little, few people were able to get out without being searched. Several officers were noting down the names and were taking pictures of the identity cards. The snack initially planned at « la croix de Chavaux » was done in front of the mobile guards (some made fun of us) on the boulevard, it was our way of thumbing our nose at them. I left at 18:10 as it had been collectively decided to leave, we were less than forty. The officer who searched me didn’t try to lay it on thick, it was already degrading enough this way. A florist brought to my attention that this blockage caused her some harm, which I can understand, but when she told me « you have to respect the laws of the Republic », I took care of reminding her that a lot of police stations often refuse the deposits complaint and the handrails (they pretext a printer failure to leave no trace and remove them from their IT systems) even if it leads to violate the article 15-3 of the penal procedure and especially that it was highly probable that the cops who mutilated some protesters with some Flash-Balls didn’t comply with the safety instructions (target below the shoulders and over 7 meters distance).
Au nom du maintien de « l’ordre », des policiers détruisent des vies humaines et mutilent presque impunément. Il y avait véritablement une volonté d’humilier celles et ceux qui osent dénoncer les violences policières. Je crains que le terrorisme serve de prétexte à un tour de vis sécuritaire et antidémocratique mais le gouvernement actuel n’a pas attendu les attentats de janvier 2015 pour interdire de nombreuses manifestations. L’appareil d’État se crispe face à notre « légitime défiance » (pour reprendre la formulation de Joachim). Je sais déjà comment il répondra à notre droit à l’insurrection, encore par la violence. In the name of maintaining « order », some cops destroy some human lives and mutilate almost with impunity. There was indeed a desire to humiliate those who dare to denounce police violence. I fear that terrorism is used as an excuse to an antidemocratic heavy-handed security turn of the screw but the current government hasn’t waited for the attacks in January 2015 to ban many demonstrations. The state apparatus gets irritated facing our « legitimate distrust » (to take Joachim’s words up). I already know how it will reply to our right to insurrection, again by violence.
Face au vent de la révolte, la police mutile pour mieux règner [Facing the wind of revolt, the police mutilates to better reign]
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Plutôt un monde sans police qu'un monde sans Rémi [Rather a world without police than a world without Rémi]
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Dans nos quartiers, les flics sont les seuls étrangers [In our neighborhoods, the cops are the only foreigners]
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Mais que fait la police? Ca crève les yeux [But what does the police? It stands out a mile]
Mais que fait la police? Ca crève les yeux But what does the police? It stands out a mile
Ne nous laissons pas gouverner par la peur [Don't let ourselves be governed by fear]
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Police [Police]
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Auteur : Julien Gouesse Author: Julien Gouesse

A propos gouessej

Ingénieur en informatique, militant politique d'extrême-gauche, développeur de logiciels libres multi-plateformes. Engineer in computer science, far left-wing political activist, developer of free open source cross-platform softwares.
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