Julien dans « L’amour est aveugle » sur TF1 le vendredi 7 mai 2010 à 22h30

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Interview Interview
Sommaire :

Summary :


Introduction


Introduction

J’avais participé à l’émission de télé-réalité « L’amour est aveugle » (saison 1, épisode 4) diffusée le vendredi 7 mai 2010 vers 22h30 sur TF1 avec 3 autres hommes (Youval, Otmân et Gino) et 4 femmes (Katia, Stéphanie, Shirley et Laëtitia) soit disant célibataires. Cet épisode avait été tourné en octobre 2009 sur les hauteurs de Chambourcy (près de Saint Germain en Laye). Je vais d’abord revenir sur les événements qui avaient précédé ce tournage. I had participated to the reality TV show « Love is blind » (season 1, episode 4) broadcasted Friday, May 7th, 2010 at 22:30 on TF1 with 3 other men (Youval, Otmân and Gino) and 4 women (Katia, Stéphanie, Shirley and Laëtitia) claiming to be single. This episode had been filmed in October 2009 on the heights of Chambourcy (close to Saint Germain en Laye).

Mon expérience


My experience


Situation initiale


Initial situation

En juin 2009, je répondis à une annonce sur un forum pour une émission sérieuse de débats autour du célibat à l’heure actuelle (il y avait un certain flou sur la nature exacte du programme, j’appris plus tard qu’en réalité, ils cherchaient des candidats pour une émission de docu-réalité). Cette émission n’était qu’un appât, elle n’eut jamais lieu. On me proposa alors de participer à l’émission de télé-réalité « Tellement vrai » diffusée sur une petite chaîne de la télévision numérique hertzienne, NRJ12. 2 recruteuses travaillant pour 2 sociétés de production distinctes (Angel Production et Secret Prod) échangèrent des contacts. Cette seconde recruteuse me contacta en septembre pour me faire passer le casting.

Casting


Casting

Lors du casting, ils ne prenaient pas le temps de me dire pour quelle émission je postulais, ils finirent juste par me lâcher que c’était une émission conçue pour trouver l’amour (« une expérience unique avec des célibataires de 25 à 35 ans »). La recruteuse me posait plein de questions, elle me demanda si j’étais tactile, si je me laisserais embrasser dans le noir, … Elle me demanda mes préférences physiques et mentales, ce qui pouvait m’énerver chez un participant, comment je me comportais en groupe, … Elle savait donc très bien que les femmes en surpoids ne m’attirent pas. Elle remarqua que je n’étais pas très motivé et que je parlais uniquement de trouver l’amour à l’extérieur (je m’attendais au mieux à ce que ça me donne un léger coup de pouce à l’extérieur lors de la diffusion) et pas dans le jeu alors elle me demanda de faire un effort. Elle m' »encouragea » à lâcher qu’il y avait peut-être une chance que je trouve quelqu’un par le biais de cette émission alors que j’étais convaincu du contraire. Elle me promit que les personnes chargées de chercher des candidates allaient faire ce qu’elles pouvaient pour en trouver au moins une qui me conviendrait alors je lâchais du lest.
La recruteuse me donna un papier à signer à la fin, elle s’étonna en me voyant tout lire bien attentivement. Je remarquai l’inscription « Love is blind » quelque part en haut et en bas.
Au boulot, j’en parlais à un collègue qui finit par m’en apprendre plus sur le principe de l’émission en faisant une recherche à partir de ce maigre indice. Il fit le rapprochement avec l’émission de télé-réalité américaine « Dating in the dark » dont « L’amour est aveugle » est une adaptation (je ne m’attendais pas à ce que la version française diffère autant de la version américaine, les éliminations et les candidats introduits en cours de route n’étaient pas présents dans l’autre version).
Au bout de 2 jours, on m’appela pour m’annoncer que j’étais retenu, je dus juste envoyer un extrait (vierge) de casier judiciaire (donc aucun des participants n’a fait de la prison avant de participer à cette émission). Alors, on me demanda d’envoyer une photo de mon ex, elle dut donner son accord par écrit et par téléphone.
Ensuite, on me demanda d’appeler la « psychologue » chargée par la production de vérifier que je n’étais pas un dangereux psychopathe (je plaisante un peu), je devais lui résumer ma vie et surtout ma vie amoureuse. Un caméraman passa chez moi pour filmer mon lieu de vie environ une semaine avant le tournage. Mon contrat fut livré sur mon lieu de travail le vendredi, je le scannai entièrement avant de le signer. Je reçus un coup de fil de la recruteuse dans la soirée, elle laissa entendre que l’émission passerait « probablement « sur TF1.

Jour J


D day

Le dimanche, comme prévu, un chauffeur vint me chercher vers 13h dans une berline noire aux vitres teintées. J’étais crevé comme j’avais beaucoup « travaillé » sur mon jeu ce mois-là, j’aurais vraiment dû prendre du repos avant de partir en tournage. Nous parlions des sites de rencontres pendant le trajet. On m’amena dans un hôtel-restaurant à proximité de la villa. Une fois dans ma chambre d’hôtel, on me demanda de confier mes papiers et mon téléphone portable aux responsables. On vérifiait que mes vêtements passaient bien à la caméra. Je dus me présenter devant la caméra. Le cadeau (au choix) qu’on m’avait demandé de ramener suscita une petite polémique (une étoile rouge offerte par un membre du service d’ordre du Nouveau Parti Anticapitaliste par l’intermédiaire d’une ancienne membre de la direction). Une salariée me dit que c’était une émission de « Love affair » et que nous n’étions pas là pour parler de politique. Là, j’appris quelque chose de décisif, l’émission passerait sur TF1. Le soir, quelqu’un m’amena à manger dans ma chambre, je mangeai puis j’allai me coucher.

Entrée dans la villa


Entry in the villa

Lundi, je me levai, je me lavai, quelqu’un m’amena le petit déjeuner puis il m’emmena vers le taxi. Nous nous dirigeâmes vers la villa perchée en hauteur avec une jolie vue à proximité de Saint Germain en Laye, à Chambourcy. Le conducteur essayait de détourner mon attention pour que je sois incapable de localiser avec précision la villa. Je dus attendre longuement dans la voiture que les autres candidats hommes et femmes entrent. Ils avaient décidé de me faire entrer en dernier.
Je sortis de la voiture, on me plaça le micro, je reçus quelques consignes, une femme me prévint qu’on pouvait me demander de descendre et de remonter les marches plusieurs fois pour que les caméras aient le temps de filmer. Une seule prise suffit.
Une fois entré, Youval se fit passer pour un membre du personnel, il me présenta les lieux. La Voix nous avertissait des rendez-vous dans la Chambre Noire, pièce obscure qui séparait les deux parties de la villa et dans laquelle les participants (femmes et hommes) se rencontraient sans pouvoir se voir. Chaque intervention de La Voix était précédée d’un petit bruit de conte de fée. De nombreuses caméras se trouvaient dans toutes les pièces sauf les toilettes et la salle de bain.

Premier rendez-vous dans la Chambre Noire


First appointment in the Dark Room

Nous nous dirigeâmes pour la première fois vers la Chambre Noire, en file indienne. Je proposai aux autres hommes de me mettre devant eux pour leur frayer un chemin et être le seul à paraître ridicule en cas de chute, il leur fallait juste éviter de trop s’appuyer sur moi pour éviter que je les entraîne avec moi en tombant. Nous nous assîmes un par un. Au début, je parlais assez peu tout comme Katia. Lorsque Stéphanie prétendit s’intéresser à la psychologie, je lui demandai si elle s’intéressait plutôt à la psychologie française ou américaine, elle répondit qu’elle se connaissait bien et qu’elle faisait surtout des tests dans les magazines. Shirley nous fit savoir qu’elle aime chanter, je lui proposai alors d’interpréter « L’hymne à l’amour » d’Edith Piaf, elle s’en sortit très bien. Les participants devaient régulièrement se rendre au confessionnal pour dévoiler leur ressenti. Une salariée nous demanda de ne pas discuter entre nous de ce que nous disions là-bas alors que je préférais en parler pour éviter de créer des tensions une fois sorti de la villa.

Fouille des sacs


Bags search

Il nous fut proposé de fouiller dans les sacs des femmes. Je refusais de le faire par respect pour elles, Youval et Otmân avaient moins d’états d’âme, ils s’exécutèrent sans rechigner. Ils trouvèrent une photo d’enfant dans le sac de Stéphanie et un soutien-gorge de très grande taille dans celui de Shirley. Je commençais à « soupçonner » Shirley d’être en surpoids.

Attribution des cadeaux


Giving out the presents

Les femmes participant à l’émission devaient offrir un cadeau au(x) participant(s) de leur choix pour désigner avec le(s)quel(s) elles souhaitaient avoir un rendez-vous dans la Chambre Noire. Youval n’en reçut aucun, Otmân reçut un cadeau de Stéphanie et je reçus un cadeau de Katia et un de la part de Shirley (un micro).

Deuxième rendez-vous dans la Chambre Noire


Second appointment in the Dark Room

La consigne était la suivante : je devais choisir une partie du corps de chaque femme sur laquelle j’allais mettre de la chantilly. Par respect pour Shirley et Katia, je leur demandai de choisir elles-mêmes la partie du corps sur laquelle je devais leur en mettre. Shirley choisit la main ou le poignet, je me rendis compte que mes « soupçons » étaient fondés, elle était au moins en surpoids voire obèse. Pour ma part, je leur fis savoir qu’elles pouvaient me toucher n’importe où, je leur dis que je n’avais rien à cacher et que je me sentais bien dans ma peau. Cela resta sobre.
En sortant de la Chambre Noire, je fis la grimace, je fis part de ma déception aux hommes, je fis quelques blagues pas très fines à propos de Shirley, du genre « ça c’est du lourd », « j’ai gagné le gros lot », …

Troisième rendez-vous dans la Chambre Noire


Third appointment in the Dark Room

Je choisis de revoir Katia. Ses réponses étaient très peu élaborées, juste « oui » ou « non ». Elles me posaient très très peu de questions, elles ne semblaient pas intéressées par moi, complètement ailleurs et je m’en rendais bien compte. Elle me dit qu’elle pratiquait un sport de combat et qu’elle passait beaucoup de temps en famille. Je lui dis que je sortais de moins en moins en boite de nuit à cause de la fatigue liée à mon travail (je dis « le travail, c’est aliénant » histoire d’indiquer au passage qu’il m’arrive de lire des livres de Karl Marx), que j’avais peu d’amis (mais au moins, je peux compter sur eux et je n’ai aucune honte à avoir), … Je lui dis que j’aimais bien mon métier et plus particulièrement le fait d’être avec des ordinateurs. Elle me dit qu’elle était serveuse. Elle sembla froissée quand je lui demandai maladroitement si c’était par choix ou par accident, si c’était un job d’appoint ou un job à plein temps.
La femme qui m’interrogeait dans le confessionnal me poussa à bout en faisant mine de ne pas avoir compris que je voulais simplement savoir si Katia était serveuse à plein temps et en m’accusant d’avoir tenu des propos incorrects. En réponse, mes propos dépassèrent réellement ma pensée cette fois-ci, j’en eus honte (je vous prie de m’en excuser). Je disais bien que je ne pensais pas que les gens travaillant dans ce secteur étaient bêtes mais je disais ce que je pensais de Katia… Dire que le service ne nécessite que des capacités manuelles est réducteur, je commis une belle bourde. Ma formulation dans le confessionnal ne permettait pas de distinguer assez clairement ce que je pensais de Katia indépendamment de son métier du reste de mon propos et le montage m’enfonça.
Ensuite, Otmân voulut savoir ce que je pensais d’elle. Je lui fis savoir qu’elle n’avait aucun loisir « intellectuel » et qu’elle était serveuse. Il me reprit immédiatement et je lui expliquai que je n’avais rien contre les gens qui exercent ce métier, que mon père était cuisinier et que cela ne l’empêchait ni d’avoir une certaine culture ni de s’intéresser à plein de choses ce qui n’était pas le cas de Katia à mon humble avis. Je me rendais compte assez rapidement (moins d’une demi-journée) que mes rendez-vous n’allaient mener à rien du tout. Les femmes ne me plaisaient pas du tout mentalement. Stéphanie a un enfant, je me disais que ce n’était pas la peine de tenter avec elle comme j’étais trop jeune pour être père. Shirley et Katia ne m’intéressaient pas vraiment mais j’essayais d’y croire, je m’investissais, je me disais que bien des gens aimeraient être à ma place. Je savais bien qu’Otmân était belge, je me doutais bien que certains participants devaient être très éloignés les uns des autres, je me disais que rien n’était fait pour que des couples durables se forment.
Pour la première fois, j’annonçai aux autres participants mon intention de partir. Ils me demandèrent de rester pour ne pas compromettre toute l’émission comme ils voulaient vraiment passer à la télé (ils avaient peur de passer pour des menteurs comme ils avaient déjà parlé de leur passage à la télévision avec leur entourage). Je m’entendais plutôt bien avec eux si je mets de côté leurs moqueries. L’ennui se faisait sentir, on n’avait presque rien à faire alors nous parlions,je faisais mon pitre dans la cuisine puis dans le salon, nous blaguions. C’était parfois un peu déplacé de ma part (je prie celles qui se sentent visées de m’excuser par avance, faites preuve d’une pointe de second degré). Heureusement que le personnel était adorable avec nous. J’étais curieux, j’apprenais à connaitre les gens du personnel. Un des cadreurs travaillait à mi-temps comme moniteur de plongée.

Quatrième rendez-vous dans la Chambre Noire


Fourth appointment in the Dark Room

Nous nous dirigâmes vers la Chambre Noire pour découvrir une participante arrivant en cours de jeu, Laëtitia. Otmân et surtout Youval la soupçonnaient d’être une candidate manipulée par la production contrairement à moi, je lui posais beaucoup de questions. Sans surprise ni pour elle, ni pour moi, ni pour Youval et Otmân, elle choisit de me revoir. C’était logique, cela coulait de source, elle n’allait pas choisir un homme l’accusant de jouer un rôle. Pourtant, au montage, un commentaire en voix off complètement faux fut ajouté : « contre toute attente, Laëtitia choisit Julien ». Il ne servait qu’à m’enfoncer en laissant entendre qu’il était surprenant pour ne pas dire anormal qu’elle me choisisse. J’eus un bref espoir. Lors de mon tête-à-tête avec Laëtitia, je lui posais des questions sur sa situation amoureuse, son passé, ses projets, ses sorties préférées… Je la laissais parler. Je lui dis que je m’étais trouvé et que j’avais du mal à faire l’amour sans sentiment : « sans sentiment, y’a Popol qui se lève pas, c’est pas la peine ». Je cherchais à éviter les blancs, pas à monopoliser la parole. Néanmoins, Laëtitia se plaignit dans le confessionnal, elle prétendit que je ne la laissais pas parler alors qu’elle venait de répondre à presque toutes mes questions, que je lui avais laissé le temps de le faire et rien ne l’empêchait de m’en poser à son tour. Les extraits conservés au montage furent choisis de manière à lui donner raison.

Cinquième rendez-vous dans la Chambre Noire


Fifth appointment in the Dark Room

Jérémy (le salarié chargé de veiller sur les hommes) laissa entendre que Shirley n’était pas si mal physiquement alors qu’il connaissait lui aussi très bien nos préférences physiques. Otmân, Youval et moi nous doutions bien qu’une femme devrait partir, ils choisirent avant moi qui ils souhaitaient garder. Sans surprise, Youval choisit Laëtitia et Otmân choisit Stéphanie. Ils me recommandèrent alors de jouer tactique en gardant Shirley uniquement pour rester jusqu’à la fin du jeu mais je m’y opposai. Je choisis de garder Katia parce que l’amour n’est pas aveugle et que Shirley ne plaisait à aucun d’entre nous physiquement. Je connaissais les préférences physiques des 2 autres participants, je savais aussi le poids que cela avait dans la décision de continuer ou pas avec une participante. La garder dans l’aventure aurait été cruel, cela aurait simplement consisté à repousser le moment de lui dire que ça ne pouvait pas coller entre nous. Je ne nie pas qu’elle chantait très bien. Aurait-il été préférable de la garder dans le jeu sachant qu’aucun de nous n’aurait souhaité la revoir dans la Chambre Noire? Selon moi, je faisais ce qui était le moins humiliant et le moins dommageable pour elle. La garder revenait à reculer pour mieux sauter. Une femme en surpoids peut plaire, tous les goûts sont dans la nature comme je le dis souvent mais à ce moment précis, je savais éperdument qu’elle ne pouvait pas nous plaire. Hors caméra, les hommes blaguaient sur mon apparence physique, notamment à propos de mes grands pieds et de mon gros nez, je leur répondis avec humour « grands pieds, gros nez, grande … ». Lorsqu’ils tentèrent de faire le même type de blague face caméra en parlant de ma pointure (les téléspectateurs crurent à tort qu’Otmân se moquait du tour de taille de Shirley), j’eus peur que cela tourne vraiment mal, je préférai couper court plutôt que les laisser se moquer de moi (et éventuellement de Shirley) devant tout le monde. Je me saisis de cette occasion pour glisser un deuxième indice sur mes opinions politiques en paraphrasant un peu la colère saine de Ségolène Royal, je choisis une référence très connue du grand public et pertinente comme Otmân et Youval venaient de me couper la parole à plusieurs reprises, je tins à rappeler que tout le monde a le droit d’aimer et d’être aimé en retour. C’était l’occasion de brièvement dénoncer les discriminations.

Arrivée d’un nouveau participant


Arrival of a new participant

Gino, conducteur de bus belge d’origine italienne (également chanteur), débarqua dans la villa vers la fin du jeu. La femme du confessionnal cherchait à me faire dire que je me sentais menacé par lui, que j’avais peur, alors que je disais simplement que nous ne cherchions pas la même chose : « Gino et moi n’avons ni la même cible ni les mêmes attentes en amour ». En effet, il se présentait lui même comme un homme un peu macho. Qu’à cela ne tienne, les commentaires en voix off disaient tout le contraire pour faire croire aux téléspectateurs que nous étions en compétition ce qui n’était pas le cas.

Sixième rendez-vous dans la Chambre Noire


Sixth appointment in the Dark Room

Youval et moi durent retourner dans la Chambre Noire avec Laëtitia qui choisit de rester avec Youval cette fois-ci. J’étais excédé, je n’en pouvais plus. Youval me surnomma « frustré-boy » dans le confessionnal mais je ne lui en voulus pas comme il ne cherchait pas à me le cacher, il fut réglo. Mardi soir, une fois sorti, je parlais une deuxième fois de sortir de la villa, je sentais que c’était plié emballé pour moi (les « couples » étaient formés si je puis dire), que je n’accrochais avec aucune des demoiselles et que j’avais envie de passer à autre chose. En fait, plus j’essayais de me forcer à me motiver avec des femmes trop différentes de moi, plus je dérapais, plus j’avais le sentiment de m’enfoncer… J’étais resté pour ne pas provoquer l’annulation de la diffusion qui aurait pénalisé les autres candidats alors que ça n’avait rien à voir avec eux. D’un autre côté, je sentais de plus en plus que je donnais matière à moquerie. Dans le confessionnal, j’en avais assez, la femme du confessionnal me faisait répéter plusieurs fois car j’oubliais de reprendre l’intitulé des questions dans mes réponses (presque tout ce que nous disions correspondait à des questions qu’elle nous posait, elle nous faisait répéter plusieurs fois si ce n’était pas clair ou si cela ne correspondait pas assez à ce qu’elle voulait entendre). Je conclus en disant « la nuit porte sommeil » au lieu de dire « la nuit porte conseil », c’était tout simplement un lapsus. Elle me demanda pour la toute première fois si je souhaitais que ce soit retiré au montage. Bon joueur et adepte de l’autodérision, je répondis : « vous pouvez le garder, ça fera rire les gens ». Elle réussit poussivement à me convaincre de rester dans la villa. En sortant, je donnai un gros coup de pied dans une sorte d’objet noir en forme de tête. Une fois de nouveau calme, je heurtai involontairement une lampe, je dis « pardon. Si je commence à tout casser, ça ne va pas le faire » à un cadreur sans le regarder conformément à une consigne de la production selon laquelle nous n’avions pas le droit de les regarder de face pour éviter de gâcher les séquences. Je fus donc pris au piège pour avoir respecté une de leurs consignes comme le montage fit croire que je m’adressais à un objet.


Strip-tease


Striptease

Otmân me lança un défi, il laissa entendre que je n’étais pas capable de me déshabiller devant la caméra, il n’osa pas le faire. Je courus dans le salon uniquement vêtu d’un boxer. Youval et Otmân admirent que j’avais un corps bien tracé. A la fin, je retirai mon boxer et je cachais mon pénis avec une main en plastique. Ne manquant pas d’humour, lorsque Gino revint dans le salon, je lui tendis cet objet en lui disant « tu tiens ma bite », il comprit sans difficulté que je venais de faire un strip-tease. Je me laissais prendre au jeu un instant. Ce passage ne fut pas conservé au montage, quel dommage.

Élimination


Elimination

Je restais jusqu’à mon élimination le tout dernier jour, mercredi. J’étais fair-play, bon « perdant », je laissai échapper « Gino, c’est un beau gosse » mais La Voix me demanda de cesser de donner des indications sur l’apparence physique des autres participants. Stéphanie demanda à avoir mon numéro et à rester en contact avec moi après l’émission suite à mes compliments sur sa plastique, les 2 autres me dirent que j’étais mignon mais au moins une d’elles ricana. Je dis aux deux autres que je les trouvais mignonnes bien qu’elles n’étaient pas à mon goût. J’ajoutai « je suis un mauvais danseur, je suis un mauvais chanteur, … mais il faut de tout pour faire un monde. Vous n’êtes pas des prix Nobel ».

Dernier tour dans le confessionnal


Last visit in the confessional

Dans un premier temps, je restais stoïque, je reconnus que je ne m’intéressais pas aux participantes et que j’avais déjà un rendez-vous prévu avec une autre femme à l’extérieur. Je sentais que la machine médiatique allait tenter de me broyer. Je comprenais que les recruteuses avaient choisi en toute connaissance de cause des femmes qui ne pouvaient pas nous plaire. Soudain, je me mis à pleurer, j’expliquai que j’étais fier d’avoir montré que les informaticiens ne sont pas tous des gars coincés… La femme du confessionnal me demanda si je pensais avoir fait honneur aux roux, je lui répondis que oui. Néanmoins, les téléspectateurs ne purent pas trop comprendre de quoi je pouvais être fier, je passais pour un gars prétentieux à cause des nombreux passages coupés ou modifiés au montage pour me faire passer pour un gros « looser ».

Départ


Departure

Avant de recevoir l’ordre de sortir, je mis mon étoile rouge sur ma chemise. Je partis en gardant le poing levé de la porte de la villa jusqu’au portail pour être sûr que ça ne puisse pas être coupé. Le conducteur de la berline me ramena chez moi avec la « psychologue ».
Une fois l’émission diffusée, je réalisais petit à petit qu’il y avait un sacré écart entre ce qui s’était vraiment passé et ce qui avait été diffusé et surtout déformé à coup de montage à charge et de faux commentaires en voix off. Je pris plusieurs jours de congé pour pouvoir répondre aux médias. L’affrontement commença. Mon acharnement me permit de passer du statut de psychopathe, débile, geek asocial égocentrique et impulsif à celui de victime de la télé-réalité. 95% des retours dans la rue et sur Internet étaient positifs. Je refusais tous les plateaux télé pour éviter d’être utilisé pour la promotion de l’émission et surtout pour éviter que ça tourne au lynchage audiovisuel. Apprendre que plusieurs participantes de mon épisode étaient déjà en couple avant d’entrer dans la villa me conforta dans mon impression d’avoir perdu mon temps.

Juste avant la diffusion


Just before the broadcasting

Avant la diffusion, je rappelais les points suivants :

  • A un moment donné, j’avais estimé que sortir célibataire de ce jeu serait un échec parce que j’avais essayé de me convaincre qu’on n’allait quand même pas me faire participer juste pour me montrer des demoiselles qui ne pouvaient pas m’intéresser. Par conséquent, tant que je n’aurai pas réussi à tirer quelque chose de bon (au sens large du terme, que ce soit à titre collectif ou à titre personnel) de cette participation, je considérerai ma modeste prestation comme un échec.
  • Je cherche à tirer quelque chose de bon de mon passage pour compenser parce que cela m’avait causé quelques soucis. 3 semaines avant l’émission, je m’étais faché avec une demoiselle que j’avais rencontrée (en chair et en os) et qui voulait sortir avec moi parce qu’elle voulait précipiter les choses et surtout parce qu’elle ne voulait pas que je participe à cette émission.
  • J’avais une demoiselle en vue à l’extérieur avant d’entrer dans le jeu. Elle m’avait montré une photo qui la mettait plutôt à son avantage et qui datait d’il y a plus de 2 ans (elle avait d’abord dit qu’elle ne datait que de quelques mois) avant le début du tournage. Quand j’étais sorti, juste avant notre premier rendez-vous, elle m’avait montré une photo plus récente. Il y avait une différence de taille ou plutôt … de poids (elle était obèse), ça n’avait donc pas marché. En conséquence, j’avais participé à l’émission en croyant avoir mes chances avec une femme qui me plaisait à l’extérieur et je m’étais par la suite retrouvé bien seul.
  • Réaliser un programme de télé-réalité authentique est une gageure impossible. L’interprétation d’un tel programme dépend beaucoup de ce qui est conservé au montage, cela me parait évident.
  • J’avais été un peu trop susceptible mais Otmân et Youval m’avaient pas mal charié sur le physique essentiellement hors caméra, cela devenait lourd au bout d’un moment d’où mes colères. En revanche, globalement, l’ambiance était bonne.
  • Je ne dis pas que les participantes étaient inintéressantes, je dis simplement qu’elles ne m’intéressaient pas, nous étions trop différents. J’avais essayé encore une fois de me convaincre que Laëtitia pourrait retenir mon attention, en vain.
  • Quand je vois qu’on me traite de psychopathe et de « roukmout » sur Twitter, je me dis qu’il y a un risque que ça tourne au lynchage médiatique.
  • Les professionnels sur le lieu de tournage se sont très bien occupés de nous, ce fut un plaisir d’oeuvrer avec eux, je remercie notamment Jérémy et tous les autres.
  • Le présentateur n’était pas avec nous pendant le tournage.
  • Ce n’est pas ma première émission de télé-réalité (cf. l’émission « Tellement vrai » sur NRJ12 diffusée le jeudi 4 février 2010 vers 20h50, le passage était flouté à ma demande).
  • Plusieurs participant(e)s sont en fait soit des acteurs (actrices), soit des figurant(e)s, soit d’ancien(ne)s candidat(e)s d’autres émissions de télé-réalité; pas mal de candidates viennent du milieu de la nuit, j’ai repéré plusieurs gogo danseuses. Ça faisait énormément dans le recyclage et une « armée de réserve » avait été prévue comme certain(e)s avaient fait faux bond à la dernière minute notamment l’homme qui aurait dû être à la place de Youval. Je précise qu’à ma connaissance, 0 à 1 candidat sur 8 par émission était un acteur (ce qui ne signifie pas que c’était un acteur dans l’émission, nuance, personne ne jouait la comédie jusqu’à preuve du contraire).
  • La production avait été réglo sur un point : l’argent. Elle nous avait clairement dit qu’il ne fallait pas faire ce jeu pour ça. Nous avions dû signer quelque chose qui ressemble à s’y méprendre à un contrat de travail et nous avions été « dédommagés ».
  • Je ne devais pas regarder l’émission mais ma belle-mère s’est plaint de mes propos ce qui m’a obligé à tout regarder pour retrouver le passage qui la dérangeait (donc je l’ai regardée mardi 11 mai ce qui explique que j’ai pleuré pendant une partie de la nuit).
  • Je trouve que participer à un tournage est une expérience divertissante mais cela ne signifie pas que j’aime regarder ce genre de programme, bien au contraire.


Après la diffusion


After the broadcasting

Une fois l’émission diffusée, je devais préciser les points suivants :

  • 24 heures de tournage furent « résumées » en 90 minutes, il est évident que cela ne vous donne qu’une vision très partielle des choses donc évitez de tirer plein de conclusions.
  • Gino est quelqu’un de bien, je l’apprécie et je me moque de ce qu’on peut écrire sur lui.
  • Être moi-même était déjà « trop » pour une telle émission. Rien n’était bidon mais le seul fait d’être moi-même me mettait déjà en dehors du « format ». Vous avez donc raté « certains disent que le gras c’est la vie mais moi je dis … le code c’est la vie », « l’important c’est le contenu, pas le contenant » à propos des sous-vêtements, l’évocation de mes meilleurs lapsus (« je vais me toucher » au lieu de « je vais me coucher », « je vais te lécher » au lieu de « je vais te laisser », etc…), « la province c’est comme les beaux-parents c’est agréable mais à dose homéopathique ».
  • J’avais également cité Emmanuel Kant (« La vérité est un droit pour l’Homme »), Georges Duhamel (« L’humour est la politesse du désespoir »), Confucius (« Le bonheur, c’est de continuer à désirer ce qu’on possède »), … Nous ne parlions pas seulement des femmes dans la villa.
  • Le strip tease était une des 3 cartes qu’il me restait à jouer. La deuxième carte était la danse (je danse comme un pied mais tout le monde est mort de rire quand je déboule sur le dance floor). Je n’avais pas eu le temps de la jouer, je comptais brusquement monter sur le bar et me mettre à danser la Tecktonik en plein repas, Otmân s’attendait à ce que je fasse ce genre de chose (vous voyez, il m’avait vite cerné).
  • Quand je ne suis pas vraiment convaincu par ce que je fais, c’est poussif. J’aurais dû quitter l’émission dès le premier jour plutôt que d’y rester en épuisant une partie de mon énergie à me convaincre que ça valait le coup et en menant une drague foireuse et pleine de maladresses (le mot est faible).
  • J’appris que l’émission passerait « probablement » sur TF1 après avoir signé le contrat. D’ailleurs, quand on signe pour une émission, c’est avec une société de production, pas avec une chaîne de télévision. C’est ensuite à cette société de vendre les droits de retransmission à un ou plusieurs diffuseurs. Comme « L’amour est aveugle » était un nouveau concept en France, je ne pouvais pas facilement deviner sur quelle chaîne ça passerait (malgré les rares indices dont je disposais).
  • A l’heure actuelle, j’ai surtout envie de passer à autre chose. L’amour n’est pas aveugle, je n’ai pas besoin de participer à une émission de télévision pour le savoir.

A celles et ceux qui m’envoient des commentaires pas très avisés :
J’ai pris le temps de m’expliquer ici, prenez la peine de me lire avant d’écrire n’importe quoi.
Je n’ai rien contre les blondes, les brunes, les petites…Désolé si je vous ai vexé(e)s.
A celles et ceux qui m’ajoutent sur Facebook :
Je n’accepte pas automatiquement les demandes, vous êtes environ un millier et je n’ai pas envie de montrer mon intimité à tout le monde :D (vous avez déjà failli me voir en boxer)
A celles et ceux qui me demandent mes coups de cœur (comme j’avais parlé de mes passions dans l’émission) :
Coups de cœur dans la catégorie « cinéma » :

  • « La domination masculine » de Patrick Jean
  • « Harvey Milk » de Gus Van Sant
  • « La rafle » de Roselyne Bosch
  • « La vague » de Dennis Gansel
  • « Universités, le grand soir » de Thomas Lacoste

Coups de coeur dans la catégorie « littérature » :

  • « L’éloge de l’amour » d’Alain Badiou
  • « Le Deuxième Sexe » de Simone de Beauvoir

J’ai hésité à évoquer Freud et Krafft-Ebing comme ils ont défendu à mon goût une vision machiste de la sexualité dans certains écrits, il faut donc faire le tri. Je ne connais pas encore assez Michel Onfray pour en parler. C’est dommage car j’aimerais en savoir un peu plus sur ses prises de position « contre » la psychanalyse freudienne (Emeline m’a demandé de préciser que seule la psychanalyse freudienne est « visée »).

Si vous avez encore des questions malgré tout ce que je viens d’expliquer, je vous invite à jeter un coup d’œil à la foire aux questions ci-dessous.

Foire aux questions


Frequently asked questions

Suis-je un acteur? Am I an actor?
Je ne suis pas un acteur. Mon curriculum vitae est sur Internet, sur Viadeo (bientôt ici), j’en suis à mon quatrième poste d’ingénieur en informatique. I’m not an actor. My curriculum vitae is on the Internet, on Viadeo (here soon), I’m in my fourth position of computer engineer.
Mise à jour importante : J’ai quitté Viadeo mercredi 19 novembre 2014. Mon compte était ici. Important update: I left Viadeo Monday, November 19th, 2014. My account was here.
Comment avais-je atterri dans ce programme de télé-réalité?
J’avais répondu à une annonce sur un forum pour une émission sérieuse de débats autour du célibat à l’heure actuelle. Cette émission n’était qu’un appât, elle n’a jamais eu lieu. On m’avait alors proposé de participer à un programme de télé-réalité sur une petite chaîne de la TNT, NRJ12. Apparemment, il y avait eu un échange de contacts entre 2 recruteuses travaillant pour 2 sociétés de production différentes. Cette seconde recruteuse m’avait contacté en septembre pour me faire passer le casting. En un peu moins de 2 jours, on m’avait répondu que j’étais pris.
Quel genre de questions m’avait-on posé lors de ce casting?
On m’avait demandé si j’étais tactile, si je me laissais facilement embrasser, comment je me comportais en groupe, si j’étais plutôt meneur, si j’avais des complexes, mes préférences physiques, etc…
Quand et où avait eu lieu le tournage?
Le tournage avait eu lieu en octobre près de Saint Germain en Laye à Chambourcy. Il avait duré presque 3 jours et demi pour celles et ceux qui étaient restés jusqu’au bout, 3 jours seulement pour moi. Nous tournions à raison de 8 heures par jour.
M’avait-on demandé de jouer la comédie dans l’émission?
On ne m’avait pas demandé de jouer la comédie. Le seul rôle que je sais jouer est le mien, je suis authentique et franc. J’assume ce que je pense, ce que je suis et ce que j’aspire à devenir. Cependant, le montage m’avait fait passer pour un geek asocial, impulsif et égocentrique, ce que je ne suis pas.
Pourtant, je donnais l’impression d’exagérer le trait. N’avais-je pas joué la comédie de mon plein gré?
Je n’avais pas besoin de jouer la comédie, être moi-même était amplement suffisant et souhaitable. En revanche, certains passages n’ont pas été gardés au montage afin de forcer le trait, essentiellement de brèves explications qui venaient nuancer des propos assez tranchés.
En quoi le montage n’est-il pas fidèle à la réalité selon moi?
Plusieurs passages n’avaient pas été gardés au montage car ils ne collaient pas au personnage que voulait créer la production. Des commentaires en voix off étaient rajoutés si le montage n’était pas suffisant pour déformer les faits. Dans le confessionnal, on nous demandait de reprendre l’intitulé de chaque question dans chaque réponse ce qui orientait la forme et le fond comme cela permettait à la production de ne garder que cela et d’évacuer ainsi toute tentative de nuance ou d’explication plus complète.
Ai-je quelques exemples à donner?
Au début du jeu, Shirley et Katia m’avaient offert un « cadeau ». Chaque cadeau servait à désigner l’homme avec lequel une participante voulait avoir son premier rendez-vous dans la chambre noire. Lors de ce rendez-vous, on m’avait donné 2 bombes de chantilly, je devais m’en servir pour en mettre sur une partie du corps de chaque femme. J’avais demandé à chacune d’elles de choisir la partie du corps en question afin de ne pas les mettre mal à l’aise. Lorsque les demoiselles avaient voulu me toucher, je leur avais dit que je n’avais rien à cacher. Ce passage n’avait pas été gardé comme il me montrait à la fois à l’aise, bien dans ma peau et respectueux; ce n’était pas assez trash pour la production.
Il en fut de même pour le strip-tease et une grande partie de l’élimination. Laisser « Gino, c’est un beau gosse » aurait montré mon fair-play alors que la production voulait faire croire que nous étions en réelle compétition, de même pour « Gino et moi n’avons ni la même cible ni les mêmes attentes en amour ». J’avais également reconnu lors de l’élimination que je n’avais pas réussi à m’intéresser aux participantes et que j’avais quelqu’un d’autre en vue à l’extérieur.
Avais-je été surpris d’être choisi par Laëtitia?
La voix off disait un truc du genre « contre toute attente, Laëtitia choisit Julien » alors que mes camarades de chambrée n’étaient pas surpris. Otmân et surtout Youval la soupçonnaient d’être une candidate manipulée par la production et c’était surtout moi qui l’avais questionnée. Je n’étais donc pas surpris, c’était logique, ça coulait de source, elle n’allait pas choisir un homme l’accusant de jouer un rôle. Ce commentaire ne servait qu’à m’enfoncer en laissant entendre qu’il était surprenant pour ne pas dire anormal qu’elle me choisisse.
Pourquoi avais-je participé à cette émission tout en ayant des vues sur une autre femme à l’extérieur?
Je l’avais contactée sur un site de rencontres, nous ne nous étions pas encore vus, j’étais célibataire en entrant dans la villa contrairement à au moins 2 des 4 participantes. De toute façon, rien n’était fait pour que les couples puissent se former et durer. La production avait choisi des gens très éloignés géographiquement, certains près de Paris, d’autres près de Bordeaux, d’autres venant même de Belgique.
Qu’en est-il de cette ressemblance avec Rival Ducan?
Jérôme a 30 ans, j’en ai 25. Il a un nez plus fin que moi et pas la même forme du visage, j’ai beaucoup plus de taches de rousseur que lui notamment sur le nez et sur les mains. Il n’est pas ingénieur, je ne parle pas un mot de japonais. Je n’ai participé ni au casting d’« incroyables talents » ni à celui de « Nouvelle Star ». Ce n’est qu’une vaste fumisterie alimentée par des médias voulant surfer sur le buzz.
Comment m’entendais-je avec les autres participants?
Nous nous entendions assez bien tous les 4. Nous sommes encore en contact à l’heure actuelle. Dans la villa, il y avait eu quelques légères tensions comme je suis un peu susceptible et que Youval et Otmân sont un peu moqueurs.
Y avait-il des acteurs parmi eux?
A ma connaissance, les participants de mon épisode n’étaient pas des acteurs. J’ai cru comprendre que des participants d’autres épisodes étaient acteurs de métier ou qu’ils avaient fait un peu de figuration. En revanche, je n’ai jamais trouvé la moindre preuve formelle selon laquelle on leur aurait demandé de jouer la comédie, j’ai entendu des rumeurs de pressions sur certaines participantes sans que les principales intéressées n’aient pu les confirmer à une exception près.
Pourquoi m’étais-je mis en colère lors de l’élimination d’une participante?
Hors caméra, les gars m’avaient chambré à propos de mes grands pieds et de mon gros nez, j’avais su répondre avec humour « grands pieds, gros nez, grande … ». Face caméra, j’avais redouté que ça tourne vraiment mal et j’avais préféré les couper plutôt que les laisser se moquer de moi devant tout le monde.
Pourquoi avais-je éliminé Shirley?
En réalité, je n’avais éliminé personne. Chaque participant avait choisi de garder une participante, les deux autres l’avaient fait savoir avant moi, je l’avais simplement fait en dernier donc je n’avais le choix qu’entre Katia et Shirley. J’avais choisi de garder Katia parce que l’amour n’est pas aveugle et que Shirley ne plaisait à aucun d’entre nous physiquement. La garder dans l’aventure aurait été cruel, cela aurait simplement consisté à repousser le moment de lui dire que ça ne peut pas coller entre nous. En revanche, je ne nie pas qu’elle mettait de l’ambiance du côté des femmes, je ne nie pas non plus ses qualités humaines. Elle avait fait honneur à Edith Piaf, cela ne fait pas l’ombre d’un doute pour moi.
D’où vient la phrase culte « la nuit porte sommeil »?
J’étais fatigué, j’en avais assez, je voulais partir, on m’avait fait répéter plusieurs fois et j’avais alors dit « la nuit porte sommeil » au lieu de dire « la nuit porte conseil ». C’était tout simplement un lapsus.
Pourquoi avais-je frappé un objet?
C’était un peu pour les mêmes raisons. Avant d’entrer dans la villa, je pensais que je garderais mon calme si les participantes ne me convenaient pas du tout. En réalité, j’avais attendu toute la journée sans rien faire pour avoir un pauvre rendez-vous dans le noir. C’était un échec et ça m’avait profondément excédé bien qu’elle ne m’intéressait pas au final. Je n’en pouvais plus. La production connaissait mes préférences et j’avais vraiment le sentiment qu’elle avait fait exprès de choisir des femmes avec lesquelles ça ne pouvait pas coller.
Pourquoi étais-je resté?
Youval et Otmân m’avait demandé de rester pour ne pas compromettre la diffusion de l’émission. Ils craignaient que je ne puisse pas être remplacé si vite dès le premier jour et que le tournage soit annulé.
Pourtant, je semblais avoir la rage de vaincre. Que s’était-il passé?
J’avais essayé de faire un effort pour m’intéresser aux participantes mais ce fut un échec. J’avais eu des réactions un peu défensives suite aux taquineries des autres participants. J’avais tenté de rester positif malgré l’ennui, le désintérêt et les déceptions.
La chambre noire était-elle vraiment obscure?
Que les choses soient claires, ni les objets ni les individus n’étaient discernables dans la chambre noire. En regardant la version américaine de l’émission, j’avais aperçu des participants se cassant la figure. Il fallait être particulièrement vigilant pour éviter ça comme pas mal d’objets étaient posés à même le sol, la nourriture, les coupes de champagne, etc…
J’avais remarqué de minuscules témoins lumineux bleus venant de l’équipement mais ça n’aidait pas à discerner quoi que ce soit.
Étais-je rémunéré?
Salaire d'un participant de l'émission l'amour est aveugle
Extrait de mon relevé de compte du 19 octobre 2009 au 19 novembre 2009 mentionnant mon « salaire » (dédommagement) pour ma participation à cette émission versé par la société Planetarthur.com, filiale d’Endemol France
Julien Gouesse. Tous droits réservés Julien Gouesse. All rights reserved
Oui, j’avais touché 794 euros net, tout compris. La production avait été très claire à ce sujet, nous ne devions pas faire ce jeu pour l’argent.
Est-ce que je méprise les serveuses?
Mes propos à ce sujet étaient maladroits mais le montage avait éliminé la moindre tentative d’explications. Le spectateur ne pouvait alors plus distinguer une critique qui visait la participante en tant que personne d’une critique qui la visait en tant que serveuse. On peut tout à fait exercer ce métier et être intelligent. Faire remarquer qu’un métier requiert plutôt des qualités manuelles ne veut pas dire que celles et ceux qui l’exercent sont des gens bêtes. La fatigue et l’agacement ne m’avaient pas aidé à garder mon calme.
Est-ce que je réalise que mes propos avaient choqué la profession?
J’ai moi-même fait la plonge dans l’ancien restaurant de mon père (« le Saint Pierre » à Saint Pierre le Viger) en juillet 2004. J’ai été serveur dans un camp de jeunes en juillet 2006 le temps d’une tâche de bar. Ma mère a été femme de chambre, mon père et ma belle-mère sont chefs cuisiniers. Je connais le secteur de l’hôtellerie et de la restauration. Je n’ai rien contre les serveuses. J’avais envoyé une sorte de communiqué d’excuse par email aux syndicats de salariés de ce secteur, je ne peux guère faire plus.
J’avais expliqué que, indépendamment de sa profession, elle s’intéressait à bien peu de choses et que j’étais assez déçu. La demoiselle qui posait les questions dans le confessionnal m’avait reproché mes propos, elle avait fait mine de ne pas avoir compris que j’avais demandé à la serveuse si c’était un job d’appoint ou un job à plein temps. Elle avait insisté là-dessus, ça m’avait mis très en colère d’où ma réponse déplacée mais qui l’aurait été beaucoup moins si elle avait été replacée dans la discussion. On m’avait poussé à bout pour que je dise n’importe quoi, les mots avaient dépassé ma pensée (ce qui m’arrive très rarement), je m’en veux, je demande pardon à Katia et à celles et ceux qui se sont sentis offensés. On m’avait fait subir une sorte de pression psychologique.
Comment aurais-je réagi si j’avais été pris à partie au sujet de mon métier?
Je suis ingénieur en informatique, je passe 8 heures et demi par jour assis devant un écran d’ordinateur, ce n’est pas très physique, cela demande plutôt un effort intellectuel continu. Les personnes exerçant ce métier peuvent tout à fait s’adonner à des activités physiques sur leur temps libre. Par exemple, une de mes collègues participe à des compétitions de volleyball. J’avais tenu des propos similaires (certes avec moins de finesse) au sujet du métier de serveur que j’avais exercé bénévolement en juillet 2006. Il requiert d’autres aptitudes et les personnes l’exerçant peuvent s’adonner à des activités intellectuelles sur leur temps libre, ce qui n’était pas le cas de Katia. Nous ne sommes pas seulement ce que le travail fait de nous. A aucun moment je n’avais dénigré cette profession. Où est le mal dans ce que j’avais dit? Il faut de tout pour faire un monde, c’est évident. Qu’on cesse de me faire de faux procès.
Pourquoi avais-je souhaité participer à cette émission?
Je voulais profiter de l’émission pour être plus visible afin de trouver l’amour plus aisément non pas à l’intérieur mais à l’extérieur. J’avoue que les choses ne s’étaient pas passées comme je l’avais imaginé.
Pourtant, je savais à quoi m’en tenir avant d’y participer, n’est-ce pas?
Pas du tout. Lors du casting, on m’avait simplement dit que j’allais vivre une expérience unique avec des célibataires de 25 à 35 ans. Une dizaine de jours avant le tournage, on m’avait très vaguement parlé des rendez-vous dans le noir.
Avais-je donc accepté de participer à cette émission sans savoir en quoi elle consistait?
Non. J’avais dû chercher des informations de mon côté. On m’avait fait signer un document à la fin du casting. J’avais lu en tout petit tout en bas de ce papier « expérience love is blind » (la recruteuse ne voulait pas que je lise ce papier, elle voulait que je le signe comme ça, elle m’avait fait tout un cinéma du genre « mais tu ne me fais pas confiance? »). Après quelques recherches, un de mes collègues avait fait le rapprochement avec l’émission américaine « Dating in the dark ». C’est cela qui m’avait rassuré… à tort. D’ailleurs, on ne m’avait annoncé qu’au dernier moment le nom de la chaîne qui diffuserait ce programme.
Pourquoi étais-je parti en levant le poing?
C’était une manière de rappeler à mes camarades militants que je resterai fidèle à mes convictions malgré ce passage sur une chaîne de télévision que je boycotte depuis très longtemps.
Justement, n’est-il pas contradictoire d’accepter de passer sur un chaîne que je déteste?
J’avais signé avec une boite de production, pas avec cette chaîne de télévision. Ce fut ensuite à cette société de vendre les droits de retransmission à un ou plusieurs diffuseurs que je ne connaissais pas au moment de passer le casting. Si j’avais su la vérité dès le début, j’aurais refusé bien évidemment.
Suis-je maladroit avec les femmes?
Ma « drague » est à la hauteur de l’intérêt pour la demoiselle concernée. J’avais été particulièrement maladroit avec les participantes car elles ne m’intéressaient pas vraiment. Nous étions trop différents mentalement. Quand une femme me plaît, je sais me mettre en avant.
Ai-je trouvé l’amour depuis la diffusion de l’émission?
Je suis toujours célibataire. Une demoiselle m’a embrassé en boite mais ça n’est pas allé plus loin. J’ai repris une vie amoureuse paisible environ un semestre après la diffusion.
Étais-je désespéré pour passer dans ce genre de programme?
Non, je ne suis pas désespéré, je ne l’ai jamais été. J’ai eu plusieurs copines, j’ai été en concubinage deux fois. Je ne suis pas un piètre « dragueur » si je puis dire. D’ailleurs, je n’aime pas la séduction surtout quand elle est montrée comme une partie de chasse dont les femmes sont vues comme des proies et les hommes sont vues comme des chasseurs car c’est très sexiste, ça s’intègre dans le patriarcat que je dénonce, cela donne une sorte d’autorité aux hommes sur les femmes alors que l’amour n’est pas un rapport de domination.
Ne pensais-je pas qu’il existe d’autres moyens de trouver l’amour?
Je ne dis pas le contraire. J’ai testé le speed dating, les pastas parties et j’utilise particulièrement les sites de rencontres depuis 2002. J’ai rencontré une cinquantaine de « femmes du net » en vrai, y compris pratiquement toutes mes ex.
Et les rencontres « traditionnelles » au quotidien?
Il y a peu de femmes dans les filières informatiques. En boite et dans les bars, je ne fais pas le genre de rencontre qui m’intéresse. Je cherche du sérieux. Je ne fais pas trop de rencontres dans le cadre de mes activités extra-professionnelles et au boulot.
Est-ce que je m’entends mal avec mes collègues?
Bien au contraire, je m’entends bien avec mes collègues, nous avons organisé un pique-nique il y a quelques mois. A chaque fois que je change de travail, j’ai droit à un pot de départ. Mes anciens collègues m’ont même offert un maillot à l’effigie de Che Guevara.
Est-ce que je m’entends mal avec mes anciens camarades de classe?
Cela se passait assez bien en Master à Paris 6 sur le plan relationnel. On ne se moquait plus de moi alors que j’étais habitué aux plaisanteries vaseuses depuis mon plus jeune âge. Je suis resté en contact avec quelques uns de mes anciens camarades de classe.
Quel a été mon parcours scolaire?
Après un bac S sans mention, j’ai eu de justesse ma première année de DEUG MIAS. Alors, j’ai obtenu mon DUT en informatique en 2 ans, je suis arrivé huitième de ma promotion. Ensuite, j’ai obtenu la Licence générale d’informatique avec mention « assez bien ». Enfin, j’ai validé la moitié de mes unités d’enseignement en 1ère année de Master professionnel d’informatique à l’université de Paris 6 (Jussieu).
Pourquoi je préfère les sites de rencontres?
Je ne me vois pas aborder une femme dans la rue sur la seule base du physique. Pourtant, je sais le faire. Passer par ce genre d’outil me permet de connaître un peu la personne mentalement et physiquement avant la rencontre en vrai, c’est plus motivant et rassurant.
Pensais-je pouvoir tirer avantage de l’obscurité en mettant en avant ma personnalité?
Oui. Je pensais que le noir obligerait les participants à se préoccuper un peu moins du physique et davantage du mental. En réalité, ce fut un vulgaire prétexte au pelotage décomplexé.
Mon physique est-il mon point faible?
Oui et non. Tous les goûts sont dans la nature. Je me sens bien dans ma peau. Néanmoins, je connais mes limites.
Pourtant, je donne l’impression d’être complexé par ma couleur de cheveux, n’est-ce pas?
Je ne veux pas me présenter uniquement comme victime du racisme anti-roux. Il faut avouer que se présenter comme une victime attire plutôt la pitié, ce n’est pas très sexy. Je suis simplement conscient des discriminations que nous subissons sans m’en servir d’excuse pour ne pas me remettre en question.
Comment ai-je vécu les critiques sur mon physique?
Je n’ai pas besoin de rendre l’amour aveugle contrairement à ce que laissent entendre ce programme et certains sites Internet. Nous avons toutes et tous le droit de plaire quelque soit notre apparence. J’en ai assez de la dictature de la pensée unique, je ne veux pas qu’on m’impose une tenue vestimentaire, une coupe de cheveux, etc… Certains médias ont vraiment un discours discriminatoire. Si on ne rentre pas dans les canons de beauté les plus répandus, on est traité de « mocheté », je trouve cela minable.
Je me dévoile beaucoup sur mon blog, est-ce que je crains que cela m’attire des ennuis?
Au départ, ce blog était destiné à mes proches, je ne pensais pas que je passerais un jour à la télévision. Je pense le laisser tel quel. Ce fut un excellent moyen de montrer que je n’étais ni un comédien payé par la chaîne ni un faux ingénieur et que j’avais une vraie vie avant l’émission.
Skyblog, c’est plutôt pour un public d’ados, je me trompe? Ça ne fait pas très sérieux…
J’avais choisi Skyblog à l’époque par manque de temps et de moyen. Je n’avais pas ma propre connexion Internet, je faisais ce que je pouvais avec ce que j’avais. J’avoue que mon blog ne correspondait pas au public de cet hébergeur. C’est pourquoi je suis passé à WordPress 3.0. Ce n’était pas ma priorité. J’interviens sur plusieurs projets libres, je ne peux pas tout faire en même temps.
Ai-je des projets? Cinéma? Télévision? Théâtre?
Mon projet, c’est l’amour. J’ai refusé plusieurs plateaux télé et 2 émissions de télé-réalité. Je ne recherche pas la gloire. Je recherche l’amour. Je suis intègre, je ne veux pas me servir de mon éphémère notoriété pour gagner de l’argent. Je suis militant politique, cela compte beaucoup à mes yeux. Je n’avais pas participé à cette émission pour vendre un disque ou quoi que ce soit de ce genre.
Ai-je craint d’être récupéré?
On avait essayé de me faire avaler de sacrées couleuvres pour me convaincre de retourner sur un plateau de télévision. Un producteur m’avait même sorti une citation de Gustave Flaubert : « Faites-moi des grimaces dans le dos tant que vous voudrez; mon cul vous contemple». J’ai été déçu par cette union sacrée dans la majorité des médias pour me descendre, aussi bien sur les chaînes publiques que sur les chaînes privées, dans la presse, à la radio. Beaucoup étaient venus avec les meilleures intentions du monde, prétendant vouloir m’aider à me défendre. Je suis désolé mais le meilleur moyen de me faire venir dans une émission n’est pas de mentir sciemment à mon sujet. Je ne suis pas dupe. Le droit de réponse a un goût très amère après des propos orduriers.
Quand une demoiselle m’embrasse en boîte de nuit devant un photographe, ça n’intéresse personne. Par contre, quand il s’agit de reparler de mon passage à la télé en défendant le point de vue de la production, il y a du monde, c’est déplorable. En faisant cela, ces médias se rendent complices d’une certaine oeuvre de dénigrement de ma personne.
Des individus avaient également cherché à profiter du buzz autour de moi, notamment sur Facebook. Je trouve ça lamentable. Ils veulent « le buzz et l’argent du buzz », ils veulent la notoriété sans se faire humilier à la télévision et sur Youtube devant des millions de gens, c’est trop facile. Qu’ils se bougent les fesses au lieu de se servir des autres. Ils se sont servis de mes photos sans mon accord préalable souvent pour me nuire, c’est du pillage pur et simple. Une personne publique reste un être humain. J’ai des droits et je compte bien les faire respecter! Que les médias et les autres comprennent bien que ce genre de problème ne se règle pas en me faisant miroiter une interview mais devant un juge!
On m’avait traité de malade mental sur une chaîne du service public. Comment avais-je réagi?
J’avais sérieusement envisagé de porter plainte pour diffamation mais j’avais fini par me dire que cela aurait fait de la publicité à moindre coût pour l’émission et pour l’homme qui m’avait insulté.
Ai-je quelques conseils à donner à celles et ceux qui voudraient participer à ce genre d’émission?
N’y allez pas. Une société de production n’est pas infaillible mais elle cherche des candidats qui seront manipulables à souhait et qui ne se défendront pas en cas de pépins. Pour une telle société, il est beaucoup plus rentable d’avoir des candidats qui n’y connaissent rien en droit, qui n’ont ni les moyens ni l’envie de prendre un avocat et qui accepteront de faire n’importe quoi sans trop se soucier des conséquences. Certaines personnes sont prêtes à aller jusqu’aux menaces et à l’intimidation sur la base d’arguments juridiques fumeux pour contraindre un candidat à se soumettre.
Par exemple, une telle société peut se faire pas mal d’argent si un participant la laisse gérer les relations avec les médias. Elle peut alors demander un cachet à chaque journal désirant une interview et elle peut alors censurer l’article. On avait osé essayer de me faire croire que je n’avais pas le droit d’évoquer ma participation sans l’accord de la production, ce qui est faux.
Il existe peut-être des sociétés de production avec des pratiques moins discutables mais je n’en connais pas.
Cela ne peut-il pas soulager un participant qui pourrait être harcelé par les médias?
D’une part, il faut essentiellement être ferme pour ne pas être sans arrêt relancé. D’autre part, il faut connaître ses droits pour savoir ce qu’on peut dire et faire sans risquer des poursuites judiciaires.
Gérer son image peut être assez fatiguant mais laisser une société de production le faire à votre place peut être bien plus dangereux. Nous ne vivons pas dans un monde idyllique, vos intérêts ne sont pas compatibles avec ceux d’une telle société, gardez ça à l’esprit. Tant que vous acceptez de jouer le pantin, ça se passe bien. Dès que vous usez de votre liberté d’expression pour émettre un avis critique sur le programme et la production, vous devenez gênant.
En quoi les réactions du public m’ont-elles le plus déçu?
J’ai pris le temps de m’expliquer en détail et sans détour sur mon blog. J’ai essayé de répondre à tous les messages corrects qui m’ont été envoyés. Cela n’a pas empêché certaines personnes de camper sur leurs positions et de se contenter d’un programme de 90 minutes pour me juger. Elles ont trouvé un bon défouloir et ne veulent point s’en défaire.
Cet autisme m’a désagréablement surpris alors que beaucoup d’informations étaient aisément vérifiables, notamment le fait que je ne sois pas un acteur de métier. Même des médias ont colporté des rumeurs à mon sujet malgré mes avertissements sur Twitter. Vérifier les sources fait partie intégrante du métier de journaliste et de chroniqueur.
Ces gens qui me critiquent ne prennent pas en compte que c’est bien plus facile de me descendre devant son petit écran au calme alors que j’étais sous pression, fatigué et que je sentais qu’on pouvait m’enfoncer.
Certains ne font preuve d’aucune indulgence, on ne me laisse pas le droit à l’erreur. Le tournage avait duré 24 heures à raison de 8 heures par jour. J’avais voulu quitter l’émission à 2 reprises, ce n’était pas l’extase. Dans ces conditions, à ma place, qui aurait pu ne pas avoir la langue qui fourche?
Comment ai-je vécu ce lynchage sur Internet?
Mes détracteurs sont audibles mais peu nombreux. Je suis habitué aux moqueries. Ces gens qui ne veulent pas regarder la vérité en face ne méritent pas que je m’intéresse à eux. Essayer de les convaincre, c’est comme donner de la confiture à des cochons, ils n’en valent pas la peine.
95% des retours dans la rue et sur Internet sont positifs. Par conséquent, le terme « lynchage » est inadéquat. Je vais bien, je ne suis devenu ni dépressif ni suicidaire.
Je ne nie pas que certains médias s’acharnent sur moi même plusieurs mois après mon passage.
Avec autant de retours positifs, comment puis-je expliquer mon célibat actuel?
Je suis vu comme une victime de la télé-réalité et la notoriété fait peur. Les femmes peuvent craindre l’exposition médiatique et l’association à une personne sujette aux moqueries, ça ne donne pas envie.
Pourquoi n’ai-je pas parlé de mon jeu vidéo dans les autres interviews?
Je ne veux pas me servir de ma notoriété pour promouvoir mes projets non lucratifs. Je vous réponds comme j’ai lu des commentaires à côté de la plaque à ce sujet et je souhaite me défendre.
Je ne suis pas artiste et mon jeu n’est pas « montrable » à l’heure actuelle, c’est assez moche. En amour comme dans les jeux vidéo, beaucoup trop de gens ne jugent que par l’apparence et ne s’interrogent pas sur ce qu’il y a derrière. TUER a été réécrit 3 fois avec 3 moteurs différents dont le mien, il dispose aussi d’un éditeur de cartes, c’est pour ça que son développement a pris autant de temps pour un résultat si discutable.
Il faut comparer ce qui est comparable. Si on m’avait demandé de faire un FPS en 6 mois, j’aurais fait un « mod » de Quake 2 à partir de Jake 2, j’aurais créé 2 nouvelles cartes, des armes et des personnages.
Je suis ingénieur en informatique, est-ce un accident?
Non ce n’est pas un accident, j’assume mon soutien au mouvement du Libre et notamment aux logiciels libres. Si j’avais su qu’on allait me faire passer sur une chaîne libérale pro-HADOPI sarkozyste pro-LRU, j’aurais dit non tout de suite. J’aime profondément l’informatique, elle intervient dans la vie de tous les jours. Ainsi, me battre pour une informatique plus juste est cohérent avec mon engagement politique. C’est un combat permanent pour l’amélioration concrète des conditions de vie des travailleurs. Je suis triste car cette émission a surtout été un moyen de défendre des valeurs qui ne sont pas les miennes.
Quel fut la réaction de mes camarades du NPA?
J’ai essentiellement été accusé de sexisme et de déni de classe. On m’a reproché d’avoir participé à cette émission, on m’a bien rappelé que c’était contre toutes nos valeurs et que nous devions apparaître à la télévision uniquement dans un cadre bien précis pour défendre notre projet de société. Disons qu’à la base, je ne savais pas trop dans quoi je m’embarquais et je suis finalement assez d’accord avec eux. J’aurais dû en parler avec mes camarades et prendre la décision avec eux ce que je n’ai pas fait alors que ça a des conséquences sur le NPA, ce fut égoïste de ma part, je m’en veux. Il est vrai que ce programme défend la compétition (entre les participants par l’exacerbation des tensions), le conformisme (en défendant une conception normée de la beauté ce qui est discriminatoire), le sexisme (en rangeant les hommes et les femmes dans des « rôles » stéréotypés), la primauté du paraître sur l’être, etc… La télévision reste un outil de propagande au service du capitalisme et ce qui en sort ne doit pas être pris au pied de la lettre, loin de là. Cependant, j’ai été très déçu par le manque de recul de mes camarades, y compris des gens qui ont milité avec moi. Sachant ce que je viens d’écrire sur la télévision, pourquoi m’ont-ils attaqué en tant que personne? Pourquoi n’ont-ils pas pris en compte l’énorme différence entre le Julien qu’il connaisse et le personnage construit par la production? Certains de mes propos dans cette émission sont à prendre au second degré, je n’ai pas compris leurs réactions complètement disproportionnées.
Pour revenir à l’accusation de déni de classe, elle est complètement ridicule comme je viens moi-même d’un milieu très modeste, j’ai été boursier sur critères sociaux pendant toutes mes études supérieures. Les camarades qui me connaissent bien savent que j’ai été serveur une soirée de juillet 2006 pendant les rencontres internationales de la jeunesse et que j’ai fait la plonge dans l’ancien restaurant de mon père. Mes propos étaient à côté de la plaque mais le montage n’a fait qu’accentuer ça.

Comment contacter les participants de l’émission de télé-réalité « L’amour est aveugle »?


How to contact the participants of the reality TV show « Love is blind »?


émission du vendredi 16 avril 2010


broadcast of Friday, April 16th, 2010

Adeline
Aude
Emilie
Lisa
Cyril
David
Logan
Michel

émission du vendredi 23 avril 2010


broadcast of Friday, April 23rd, 2010

Anastasia
Delphine
Karyline
Marine
Erik
Fabien
Gregory
Nino

émission du vendredi 30 avril 2010


broadcast of Friday, April 30th, 2010

Émilie
Flora-Marie
Sabrina
Sandra
Alexandre
Lorenzo
Cyril
Christophe

émission du vendredi 7 mai 2010


broadcast of Friday, May 7th, 2010

Laëtitia
Katia
Shirley
Stéphanie
Gino
Julien
veuillez me contacter par email en cliquant sur l’icône @ en haut à droite de cette page ou en cliquant ici please contact me by email by clicking on the icon @ at the top right corner of this page or by clicking here
Otmân
Youval
Pour les prochaines émissions, vous débrouillerez tout seul comme j’ai reçu des menaces de fermeture de mon ancien blog à cause d’une erreur dans un lien posté ici. You will have to look for them by yourselves for the next broadcasts as I received threats of closure of my former blog because of an error in a link posted here.
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Auteur : Julien Gouesse Author: Julien Gouesse

A propos gouessej

Ingénieur en informatique, militant politique d'extrême-gauche, développeur de logiciels libres multi-plateformes. Engineer in computer science, far left-wing political activist, developer of free open source cross-platform softwares.
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