Ma période « collège » et « lycée » [My « college » and « High School » period]

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Julien Gouesse. Tous droits réservés Julien Gouesse. All rights reserved
Sur cette photo, j’avais 14 ans et demi (en septembre 1999), elle provient de ma carte SNCF « familles nombreuses ». Cela me replonge dans une des périodes les plus sombres de mon existence. Je m’accrochais aux études pour sortir de mon ghetto rural, j’étais assez solitaire. Au collège, surtout en 4ème et en 3ème, j’avais droit à des moqueries, un petit groupe de filles me répétait chaque jour « t’es moche, t’es con ». Je prenais trop la mouche, je répondais, j’aurais mieux fait de ne pas réagir. Souvent, je m’asseyais sur le radiateur à l’entrée à gauche, je réfléchissais, je broyais du noir. On m’avait déjà fait le coup des guêpes dans mon bonnet en CE1, je m’habituais petit à petit à être le souffre-douleur de certains de mes camarades de classe. I was 14 years old (September 1999) on this photo, it comes from my card « large families » for train subscribers. I am plunged back into one of the darkest periods of my life. I clung to school to get out of my ghetto areas, I was pretty lonely. In college, especially in the fourth and third, people laughed a lot about me, a small group of girls kept telling me every day, « you’re ugly, you’re silly ». I was too thin-skinned, I answered them back, I would have done better not to react. Often I sat on the radiator at the entrance to the left, I thought, I brooded. They had already done the deed of putting wasps into my cap in the second year of primary education, gradually I got accustomed with being the butt of some of my classmates.
A la base, je m’intéressais beaucoup aux langues vivantes, je voulais devenir professeur d’allemand mais cette envie m’avait passé au fil du temps quand j’avais réalisé que j’étais incapable de supporter des élèves. Je confortais mon opposition intime à une certaine autorité suite à un incident avec mon professeur d’allemand. Cela servit à alimenter ma réflexion sur la politique, les élites, la hiérarchie, les classes sociales et la religion au même titre que mon opposition précoce à la xénophobie, au racisme et au cléricalisme religieux (à travers une critique sans compromis du pape, de l’Église catholique et des croyants). Basically, I was very interested in living languages, I wanted to become a German teacher but this desire had decreased over time when I realized that I was unable to bear the students. I strengthened my deep opposition to some authority after an incident with my German teacher. This served to fuel my thoughts on politics, elites, hierarchy, social classes and religion as well as my early opposition to xenophobia, racism and religious clericalism (through an uncompromising critic of the pope, of the Catholic Church and the believers).
Les jeux vidéo et le dessin me permettaient de m’évader. Depuis la maternelle, je ne dessinais quasiment que des scènes violentes, des maisons en feu, des gens se frappant et se tirant dessus, etc… Le dernier dessin que je rendis à mon professeur s’appelait « TUER », c’était le plus gore, on y voyait notamment un homme se faire trancher la tête, un autre se faire écraser par un bus, c’était la conclusion logique de mes 4 années d’oeuvres du même style. On me rapporta que mon professeur était fou de rage, il alla le montrer à notre professeur d’histoire et s’exclama « c’est de la provocation! ». C’était bien en mai 1999 que je jetais les bases de ce que serait mon premier jeu vidéo en 3D du même nom. Video games and drawing allowed me to escape. Since kindergarten, I was drawing almost exclusively violent scenes, houses burning, people slapping and pulling, etc… The last drawing I gave ​​to my teacher was called « TUER », it was the most gore, we saw such a man being beheaded, another is run over by a bus, it was the logical conclusion of 4 years of my works in the same style. Someone reported me that my teacher was absolutely furious, he went to show it to our history teacher and exclaimed « this is a provocation! ». It was in May 1999 I laid the groundwork for what would be my first 3D video game of the same name.
Cela ne m’empêcha pas de réussir ma scolarité et d’être pris sur dossier dans le lycée public Jeanne d’Arc à Rouen en section « arts plastiques » (il me fallait bien une excuse pour ne pas aller dans mon lycée de secteur). Ces 3 années me permirent de m’ouvrir progressivement. Certes, tout n’était pas réglé, je changeais de bourreaux mais l’internat m’avait permis de m’éloigner du domicile familial et de ma cambrousse, je commençais à me sentir mieux dans ma tête et à me faire des amis. J’étais souvent seul surtout en seconde. This didn’t prevent me from succeeding at school and being selected in the public high school Jeanne d’Arc in Rouen in section « plastic arts » (I had a good excuse not to go in the high school in my area). These three years allowed me to open up gradually. Of course, not everything was settled, I changed of executioners but the boarding school allowed me to get away from home and my sticks, I began to feel better in my head and make friends. I was often alone especially the first year.
En entrant au lycée, je voulais devenir infographiste. Quand je pus m’informer sur le coût de la formation, je finis par abandonner ce projet. Je trouvais injuste de devoir renoncer à certaines études faute d’argent au même titre que je fus dégoûté de voir un fils de bourge de 8 ans sur TF1 qui avait plusieurs ordinateurs récents en état de marche alors que moi je ne pouvais récupérer que des antiquités qui tombaient en panne très rapidement. Oui j’avais trouvé injuste que ma réussite puisse dépendre de ma classe sociale, je fus si dérangé par le message que TF1 envoyait en montrant cela que je commençais alors à envisager de la boycotter pour de bon. Je dis même à un de mes camarades d’internat que les écoles d’infographie ainsi que l’intégralité du système d’enseignement privé devraient être nationalisées afin que l’Etat puisse garantir à tout le monde y compris aux plus pauvres l’accès à toutes les filières sans discrimination sociale. Il me regarda avec un petit sourire et ajouta « ça c’est communiste ». Il venait de mettre un mot sur des années de réflexion et sur un virage à gauche très lent. Upon entering high school, I wanted to be a computer graphics artist. When I could find out about the cost of training, I finally gave up this project. I found unfair having to give up studies because of a lack of money just as I was disgusted to see the eight-year-old posh son on TF1, who had several new computers up and running while I could only recover old craps that broke down very quickly. Yes I found unfair that my success can depend on my social class, I was so disturbed by the message TF1 sent by showing that I began to consider its boycott once for all. I even told one of my friends in the boarding school that schools for computer graphics and the entire system of private education should be nationalized so that the state could guarantee to everyone including the poorest access to all sectors without social discrimination. He looked at me with a little smile and said « that’s communist ». He just put a word onto years of thinking and a slow left turn.
Quand j’entrais dans une des cantines, j’essayais de ne pas pleurer, je supportais occasionnellement les blagues vaseuses de quelques petits rigolos (ils jetèrent un préservatif usagé à mes pieds une fois), je manquais surtout d’affection. Je m’avançais péniblement vers une table vide, la chanson d’amour que j’avais écrite en 1998 résonnait dans ma tête, j’aurais aimé compter pour quelqu’un, j’avais l’impression de ne pas exister. Je mangeais sans conviction dans le brouhaha, je faisais une tête d’enterrement. When I entered the canteen, I tried not to cry, I occasionally endured the silty jokes of some small jokers (they thrown a used condom at my feet once), I was missing affection. I walked painfully to an empty table, I heard the love song I had written in 1998 in my head, I would have liked to matter to someone, I felt not exist. I ate without conviction in the hubbub, I was looking gloomy.
Une déception me poussa à mettre ma vie amoureuse entre parenthèses à la sortie du collège mais le naturel revint au galop en décembre 2001. Je rencontrai une jeune femme dans cet internat. En juin 2002, alors que je révisais près du centre commercial Saint-Sever avant une épreuve du baccalauréat, elle vint me parler. Elle me proposa de me faire un bisou, je m’attendais à une simple bise, ce fut plutôt un baiser. A disappointment led me to put my love life into parentheses at the end of the college but a leopard cannot change its spots, I resumed my love life in December 2001. I met a young woman in this boarding school. In June 2002, she came to talk to me while I was revising near St. Sever shopping center before an examination for the high school leaving certificate. She asked me to make me a kiss, I expected a simple kiss on my cheek, it was rather a kiss on my lips.
N.B : Le prénom d’une femme a été retiré de mon article lundi 28 octobre 2013 essentiellement pour des raisons de sécurité. Les femmes qui ont fait partie de ma vie ne méritent pas d’être prises pour cibles par les internautes et cette information relève désormais de ma vie privée. N.B: The first name of a woman has been removed from my article Monday, October 28th, 2013 mainly for security reasons. The women who were part of my life don’t deserve to be targeted by the Internet users and this information is now within my privacy.
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Auteur : Julien Gouesse Author: Julien Gouesse

A propos gouessej

Ingénieur en informatique, militant politique d'extrême-gauche, développeur de logiciels libres multi-plateformes. Engineer in computer science, far left-wing political activist, developer of free open source cross-platform softwares.
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